Le patron de la FNAC, Denis Olivennes, vient de sortir un livre intitulé : "La gratuité, c'est le vol". Cette personne, aux revenus sûrement modestes, est - il va sans dire - absolument impartial dans le débat sur le partage gratuit de fichiers sur internet.

Au delà du détournement volontaire de Proudhon ("la propriété, c'est le vol"), ce titre fait en réalité penser à George Orwell. En effet, Orwell décrit dans 1984 comment la dictature totalitaire de Big Brother emploie des slogans du même type que Denis Olivennes, comme "La guerre, c’est la paix" ou "la liberté, c'est l'esclavage". Le PDG de la FNAC montre - bien malgré lui - que la logique capitaliste est du même niveau d'absurdité et de renversement des valeurs que la dictature imaginaire du roman d'Orwell.

Liberté des profits ou liberté de l'accès à l'art, c'est en fait le choix entre la logique du capitalisme et la logique du libre partage.

"Les exploiteurs se sont toujours considérés comme l'avant-garde des exploités" (Anton Ciliga)