07 septembre 2007

La politique et l’Université/enseignement supérieur

L’Université doit être un lieu de création, conservation et transmission de savoirs. Pour les étudiants, ce doit être un lieu d’émancipation, de développement de l’esprit critique, d’acquisition, création et confrontation de savoirs. Dans le cadre de la société actuelle, le droit pour les étudiants à obtenir des diplômes nationaux est également une revendication importante.

Un projet émancipateur passe par la nécessité de mettre fin à l’organisation capitaliste du travail, ce qui implique nécessairement l’abolition du travail salarié. Il est donc nécessaire de combattre toute tentative de soumettre l’Université à la crise du système salarial.

Les étudiants doivent contribuer à la libération de la société par deux axes :

1- pour le développement du savoir et de l’esprit critique du plus grand nombre par l’Université ;

2- contribuer à mettre fin à la dictature du capital par la lutte collective, aboutissant à l’abolition du capitalisme et du salariat, et la mise en place de la démocratie directe.

Face à l’actuelle régionalisation, qui crée des inégalités entre étudiants d’une région à l’autre, il faut que l’Université retrouve sa cohérence au minimum nationale (et si possible une cohérence européenne et internationale, par l’harmonisation par le haut), par le réengagement financier total de l’Etat, et par des diplômes vraiment nationaux - donc l’abrogation de la réforme LMD-ECTS (qui est un préalable indispensable pour tout projet progressiste concernant l’enseignement supérieur) et de la réforme Pécresse.

Le contenu des enseignements doit être connecté directement à la recherche, et être totalement indépendant des intérêts économiques, religieux et étatiques. L’Université doit être strictement fermée aux intérêts privés.

Les priorités pour l’enseignement supérieur doivent être :

- Retrait de la réforme Pécresse qui vise à augmenter l'autonomie des universités, donc à augmenter les inégalités entre universités et entre étudiants.

- Accès libre et entièrement gratuit à l’Université, sans aucune discrimination de nationalité.

- Carte de séjour automatique pour tout étranger souhaitant s’inscrire à l’Université ; de façon plus globale régularisation de tous les sans-papiers.

- Réengagement financier total de l’Etat dans le service public d’enseignement supérieur. Construction de locaux, embauche massive d’enseignants-chercheurs et de personnels Iatoss, aucun contrat précaire dans les facs, suppression des sous-traitances au privé.

- Suppression de tous les numerus clausus dans l’enseignement supérieur, y compris en médecine. 

- Enseignements de qualité, liés à la recherche.

- Des diplômes nationaux, avec des maquettes nationales, pas de barrières sélectives aux niveaux non-diplômants. Abrogation de la réforme LMD-ECTS et des licences professionnelles. Maintien ou retour des DEUG, maîtrises et DEA.

- Maintien ou retour de la session de rattrapage en septembre.

- Une véritable aide sociale efficace, avec l’objectif qu’aucun étudiant ne soit contraint d’être salarié. Augmentation considérable des bourses en montant et en nombre ; construction de nouvelles cités-U, gel des loyers. Parité état/étudiant sur le prix du repas au resto-U.

- Financement des facs uniquement par l’Etat, suppression de tous les frais d’inscription et de la cotisation étudiante à la sécurité sociale.

- Accès de droit à la CMU (Couverture Maladie Universelle) pour tous les étudiants.

- Entreprises et patrons hors des facs, respect véritable de la laïcité. Abrogation du concordat en Alsace/Moselle.

- L’Université doit servir à l’épanouissement de tous, et pas à former de la « chair à patron ».

- Les études doivent être dirigées vers la formation de l’esprit critique, l’acquisition et la création de savoirs, et pas être un bachotage quasi-permanent comme c’est actuellement le cas.


Au delà, il faut que l’Université soit ouverte aux salariés, précaires et chômeurs, et aussi de façon plus générale à la population ayant arrêté ses études avant le bac et n’ayant actuellement pas accès à l’Université (si ce n’est par le système très coûteux du DAEU).

Prenons le cas d’un salarié qui est licencié en cours d’année, et se retrouve donc au chômage. S’il veut aller à l’université, il lui faut s’inscrire en juillet, puis étudier à temps plein de septembre à juin… C’est une situation très compliquée. L’ouverture de l’Université, le développement d’enseignements destinés à la population non-étudiante, débutant à différentes périodes de l’année, devrait être une nouvelle mission de l’Université, reprenant le concept d’Université populaire.

Cette nouvelle mission ne devrait en aucun cas se substituer aux filières traditionnelles, ni être mise en concurrence avec elles : il s’agit de développer très largement et de façon gratuite le principe des auditeurs libres, là aussi pour l’émancipation, le développement de l’esprit critique, et l’acquisition de savoirs. Il ne faut surtout pas que ce système serve à transférer le coût de la formation continue vers le salarié ou vers l’Etat ! La formation continue doit être payée exclusivement par le patronat.

Cela ne pourrait bien entendu marcher qu’avec de nouveaux moyens très importants, en locaux ainsi qu’en personnels enseignants et Iatoss.

Posté par davidistrati à 12:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur La politique et l’Université/enseignement supérieur

    En héritage de mai 68, l'université de Paris 8, autrefois Vincennes, est ouverte aux salariés, et dans ce but dispense des cours jusque tard le soir. Mais, les soucis de rentabilité, la difficulté de trouver des professeurs font que bientot cela n'existera plus. C'st bien dommage, car beaucoup de personnes ont pu accéder à des savoirs qui leur semblaient inaccessible, et orienter autrement leur vie.

    Posté par leunamme, 09 septembre 2007 à 17:13 | | Répondre
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