On assiste ces jours-ci à un phénomène aussi inquiétant qu’illégitime, déjà observé lors du mouvement étudiant du printemps 2006 : la « fermeture administrative » d’universités mobilisées, par certains présidents de ces établissements, c’est-à-dire un blocage total, souvent accompagné d’une évacuation musclée des étudiants présents sur le site au moment de cette fermeture.

Il s’agit ni plus ni moins que d’un phénomène de lock-out exercé par certains présidents d’université (le lock-out étant, rappelons-le, une pratique illégale en France). Quel que soit le prétexte officiel, l’objectif réel est en fait purement et simplement d’empêcher la mobilisation des étudiants.

Ces actes remettent en cause le droit de grève, qui est garanti par la constitution depuis 1946. Or, rien ne justifierait que le droit de grève s’arrête aux portes de l’Université. De même que les personnels peuvent s’y réunir en Assemblées Générales démocratiques et souveraines, y débattre librement et y prendre des décisions (dont le vote de la grève), les étudiants ont parfaitement le droit de se réunir de la même façon, en s’organisant eux-mêmes.

Il serait temps que tout le monde reconnaisse que les étudiants sont des citoyens ayant les mêmes droits que tous les autres, notamment le droit de grève.

Enfin, rappelons qu’en empêchant de façon autoritaire le libre développement des mobilisations étudiantes, ces présidents d’universités oublient jusqu’à la raison d’être de l’Université : un lieu de création et de transmission de savoirs, et de formation de l’esprit critique.