07 novembre 2007

Le droit de grève ne s’arrête pas aux portes de l’Université

On assiste ces jours-ci à un phénomène aussi inquiétant qu’illégitime, déjà observé lors du mouvement étudiant du printemps 2006 : la « fermeture administrative » d’universités mobilisées, par certains présidents de ces établissements, c’est-à-dire un blocage total, souvent accompagné d’une évacuation musclée des étudiants présents sur le site au moment de cette fermeture.

Il s’agit ni plus ni moins que d’un phénomène de lock-out exercé par certains présidents d’université (le lock-out étant, rappelons-le, une pratique illégale en France). Quel que soit le prétexte officiel, l’objectif réel est en fait purement et simplement d’empêcher la mobilisation des étudiants.

Ces actes remettent en cause le droit de grève, qui est garanti par la constitution depuis 1946. Or, rien ne justifierait que le droit de grève s’arrête aux portes de l’Université. De même que les personnels peuvent s’y réunir en Assemblées Générales démocratiques et souveraines, y débattre librement et y prendre des décisions (dont le vote de la grève), les étudiants ont parfaitement le droit de se réunir de la même façon, en s’organisant eux-mêmes.

Il serait temps que tout le monde reconnaisse que les étudiants sont des citoyens ayant les mêmes droits que tous les autres, notamment le droit de grève.

Enfin, rappelons qu’en empêchant de façon autoritaire le libre développement des mobilisations étudiantes, ces présidents d’universités oublient jusqu’à la raison d’être de l’Université : un lieu de création et de transmission de savoirs, et de formation de l’esprit critique.
 

Posté par davidistrati à 19:41 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires sur Le droit de grève ne s’arrête pas aux portes de l’Université

    le droit de greve

    lire également sur le sujet le billet de Me Gilles Devers
    http://lesactualitesdudroit.blog.20minutes.fr/

    Posté par jean luc, 15 novembre 2007 à 16:47 | | Répondre
  • Le terme de "blocage", qu'on entend souvent, est impropre : il vient des médias, et vise à remplacer "grève".
    La grève étudiante est légitime comme les autres, et peut s'exprimer comme les autres par des piquets de grève. C'est ce que le mouvement devrait expliquer au lieu de reprendre le faux terme qu'est "blocage".

    Ensuite la grève étudiante en soi n'est pas un moyen de lutte suffisant, il faut avant tout des manifs nombreuses, une appropriation par la majorité des étudiants des raisons de se mobiliser, et la définition par les étudiants eux-mêmes des moyens de mobilisation. La démocratie est donc un moyen obligatoire pour que la lutte soit efficace (en plus d'être un principe de base).

    Enfin la mobilisation sert aussi à exercer notre esprit critique, à élargir nos horizons, donc la discussion et l'action commune (débats, actions diverses...) sont indispensables.

    Posté par Laura, 19 décembre 2007 à 01:44 | | Répondre
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