24 avril 2008

Un président à côté de la réalité

Dans son intervention de ce soir, Sarkozy a clairement et volontairement été à côté de la réalité.
Sa conception de la politique est montrée quand il a dit qu'il fallait "donner le sentiment aux français qu'ils sont protégés". Son but n'est pas de protéger, mais bien d'en "donner le sentiment" ! Ce qui lui importe, c'est l'apparence.
On a eu le discours d'un communiquant qui énonce des contre-vérités sur le ton de l'évidence.

On a eu le mensonge éhonté : en Afghanistan, "ce n'est pas une guerre" !
Le ridicule : "Vous avez parlé au dalaï lama, personnellement ?
- Oui. Euh, à son entourage."
Sarkozy répond d'abord, et il réfléchit après...

Il dit qu'il a "trouvé un pays en déficit". Mais ça fait 6 ans qu'il participe au pouvoir, et il a même été ministre de l'économie ! Se réfugier tout le temps derrière un "bilan" antérieur est en soi un peu court, mais quand en plus c'est en partie son propre bilan...

Sur l'économie, les mensonges étaient de sortie : il a affirmé qu'il "ne faut pas augmenter les salaires, pour ne pas nuire à la compétitivité". Le Japon, où les salaires sont nettement plus élevés qu'en France, doit donc selon Sarkozy être non compétitif...

Sur les allocations chômages, il fait croire que ce serait un "cadeau", alors que la minorité des chômeurs qui sont indemnisés le sont parce qu'ils ont suffisamment cotisé ! Cela s'appelle du salaire différé. C'est par leur travail antérieur que les chômeurs indemnisés le sont, pas par un cadeau quelconque. Mais les faits lui importent peu.

Sarkozy a été parfois confus, a donné des chiffres approximatifs voire faux, a été plusieurs fois à côté des sujets. Il a volontiers été simplificateur, par exemple sur les retraites quand il a passé sous silence la possibilité d'élargir l'assiette des cotisations (en taxant par exemple les revenus du capital financier).
Son auto-satisfaction globale a été indécente, niant son échec manifeste, et ne souhaitant rien changer sur le fond.

Les journalistes qui posaient les questions étaient manifestement choisis par le pouvoir, avec des questions complaisantes, comme celle de PPDA : "Vous pensez qu'il y a trop de réformes, pas assez de réformes, ou qu'elles ne sont pas assez lisibles ?" La vérité c'est qu'elles sont mauvaises ! Mais cette vérité ne sera même pas évoquée.
Il n'y avait aucune contradiction face à Sarkozy (pas d'opposition : il doit prendre des leçons chez ses amis chinois), et last but not least, son temps de parole ne sera pas compté dans celui de la majorité !
Il y a bien un problème qui dépasse Sarkozy : un problème du système.

Posté par davidistrati à 22:30 - Commentaires [1] - Permalien [#]

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